Hastings 1066 Guillaume à la conquête de l'Angleterre
Hastings, une ville, une date, un massacre
Hastings (prononcé Eys-Tigne-sss) est une ville britannique d'environ 100 000 habitants à environ 100 km au sud de Londres. D'une certaine manière, c'est une Dieppe ville française deux fois plus grande habitée par des Anglais.
"Dieppe (pronounced Dee-ee-Yep) is a nice and warmy small french town, indeed", pourrait dire un Anglais. "Nice becauce she looks like our marvellous great town of Hastings, with her fishermen, workers, white collors, shopkeepers and tourists, warmy because she bathes on the southern river of our loved Channel and small, so small, because, poor her, she is half Hastings, and, poor her, may be more or less only the left wings". (« Dieppe est une jolie et chaleureuse petite ville française, en effet. Jolie parce qu'elle ressemble à notre merveilleuse grande ville d'Hastings, avec ses pêcheurs, ses ouvriers, ses cols blancs, ses commerçants et ses touristes, chaleureuse parce qu'elle se baigne dans la partie sud de notre chère Manche et petite, si petite, parce que, la pauvre, elle est la moitié d'Hastings, et, la pauvre, elle n'en est peut-être que la moitié de gauche. »
Hastings, c'est aussi Hastings 1066. La ville d'Hastings est connue pour avoir été, au XIème siècle, le lieu d'une bataille historique, Hastings 1066, entre le français Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, et l'anglais Harold Godwinson, dit Harold II. Cette victoire du Français sur l'Anglais a mis un Français sur le trône de l'Angleterre, un fait historique qui a promu le bâtard au rang éternel de conquérant.



Hastings
Hastings est une ville du sud-est du Royaume-Uni, dans le comté du Sussex de l'Est, où se trouvent, outre elle-même, les villes de Lewes, Eastbourne et Brighton (exactement Brighton et Hove), ou encore, pour nous de Dieppe, Newhaven. Pour faire simple, cette région est au sud de Londres entre, à l'est, Douvres, en face de Calais, et, à l'ouest, Southampton, en face du Havre (Le Havre).
Hastings est une grosse ville côtière, sur la Manche. Elle a tous les atouts qui font tout le tout d'une ville côtière. Elle est portuaire, industrielle, administrative, résidentielle, balnéaire, nautique, touristique, patrimoniale et culturelle. Elle compte environ 40 000 emplois et 90 000 habitants. A titre de comparaison, Brighton et Hove est trois fois plus grosse, Lewes ne compte qu'entre 15 000 et 20 000 habitants et Newhaven environ 12 000. Bref, en East Sussex, Hastings, ça pèse !
Hastings est logée dans un espace de prairies et de bois qui se jettent dans la mer du haut des falaises de craie sur des plages de galets. Un paysage typique des côtes de la Manche, au Sussex côté anglais, et en Normandie orientale côté français. Les habitations couvrent cet espace en partant de la plage jusqu'au sommet de la colline où se dresse le château fort médiéval, aujourd'hui en ruines.
Hastings est aussi, il faut le reconnaître, la ville de la Bataille d'Hastings, un tournant majeur dans l'histoire du Royaume-Uni. Et c'est dans ce relief marqué de verticalité, où les locaux sont sur les hauteurs et les visiteurs sont au niveau de la mer, que les armées françaises et anglaises ont combattu. Ce ne fut pas exactement au point géodésique d'Hastings mais un peu à distance, au lieu-dit Battle, à 15 km au nord.
Hastings 1066 un massacre pour un titre
En 1066, c'est dans le sang de la Bataille d'Hastings 1066 que Guillaume le Conquérant est couronné roi d'Angleterre à Londres. "God save the King, indeed". (Que Dieu sauve le Roi, donc.)
Rappelons ici, que cela plaise ou non à certaines personnes attachées à la Normandie, que, en raccourci, en 1066, le Sussex était anglais et la Normandie était française. En effet, le duc de Normandie est le chef d'un duché franc, commandé et protégé par le Roi des Francs, siégeant à Paris. Ainsi, Guillaume le Conquérant a été le vassal d'Henri Ier puis de Philippe Ier, et c'est avec l'aide de son suzerain qu'il prend le pouvoir en Normandie.
Le duc de Normandie Guillaume le Bâtard attendra 15 ans pour conquérir la couronne d'outre Manche ! Car oui, c'est en 1051 que le roi d'Angleterre Edouard le Confesseur, sans enfant, le désigne comme successeur. 15 ans sans rien faire ! Les barons anglais d'origine celtes auraient alors dit de lui "He may have been patient. But we would say he is a so nice fellow to be as lazy as we like to be." (On pourrait dire qu'il a été patient. Mais nous dirions plutôt qu'il est un gars très chouette parce qu'il est aussi paresseux que ce que nous aimons être.)
Pour être complet, il faut souligner qu'Edouard le Confesseur était un viking de la famille de Guillaume. C'est en quelque sorte à son "neveu" Guillaume que Edouard a confié son trône. "Shall we add that english people doesn't exist at this era. Sussex was inhabited by a lovely melting pot of Celts, Celto-Romans, Angles, Saxons and Scandinavians." (Permettez-moi d'ajouter que les Anglais n'existaient pas à l'époque. Le Sussex était habité par un joyeux amalgame de Celtes, de Celto-romains, d'Angles, de Saxons et de Scandinaves). La population normande ressemblait à cette diversité, avec des Gaulois, des Gallo-romains, des Bretons, des Francs, des Flamands, des Danois et des Norvégiens, et même probablement des Arabes et des Lombards ; ajoutons à cela que tous ces gens de Normandie pratiquaient la même et unique religion, la religion chrétienne romaine, avec son église, son pape à Rome et ses saints.
La succession prévue ne se passe pas comme prévue. En 1066, à la mort d'Edouard le Confesseur, un baron anglais pur melting-pot installé à Londres, Harold Godwinson, traverse la rue et pousse la porte pour monter sur le trône sous le titre de Harold II, avec le soutien de sa clique de courtisans londoniens. Il aurait alors déclaré à son ami Winson : "I feel good to stand so close to God, Winson." ; c'est dire la modestie de ce snob londonien (Je me sens bien si proche de Dieu, Windon). De l'autre côté de l'eau, le sang du sain patient prétendant n'a fait qu'un tour dans les veines de tous les seigneurs de Normandie, de Dieppe au Mont Saint-Michel. Tout ce beau monde embarque sur la rive sud de la Manche, armes au poings, souque ferme, débarque sur la rive Nord, se fait massacrer par l'armée de Godwinson mais massacre encore plus cette armée, tellement plus qu'elle tue le roi Harold II et monte à Londres pour installer son duc sur le trône promis par Edouard. "You're welcome, aurait dit le maire de Londres. What a fabulous masterstroke! We are proud to be so close to William the Conqueror. Would like you like a cup of tea ?" (Bienvenue à vous. Quel coup de maître fabuleux ! Nous sommes fiers d'être si proches de Guillaume le Conquérant. Prendrez-vous une tasse de thé ?). Guillaume serait ensuite reparti au pays annoncer à sa belle Mathilde "Chérie ! Chérie, ta mère serait fière de toi, tu as épousé Guillaume le Conquérant, roi d'Angleterre, rien que ça ; levons nos verres de cidre pour fêter cette grande nouvelle !" A quoi Mathilde aurait répondu "Chéri, nous allons donc désormais faire chambre à part en semaine ; tu iras à Londres du lundi au vendredi et tu reviendras le week-end pour t'occuper des enfants. Trinquons à la victoire française de ce crunch 1066 !"
Hastings 1066, Solférino ou Verdun, des massacres à la pelle
"Nous partîmes du port 3 000 et nous fûmes 300 en arrivant à Londres" aurait pu dire un témoin poète de la Bataille d'Hastings de 1066. "To remain fair-play, as we are proud to be, we did our best not to kill more Norman than the Norman killed ours", aurait expliqué de son côté à son épouse, un lord anglais de retour à Lewes (Par souci du fair-play dont nous sommes fiers, nous avons fait de notre mieux pour ne pas tuer plus de Normands que les Normands n'ont tué des nôtres.) Nul n'a les chiffres exacts des forces en présence. Mais il est raisonnable d'estimer que 15 000 combattants se sont affrontés ce jour là à cet endroit là pour cette cause là et que seuls 7 000 d'entre eux purent continuer valides leur périple le jour suivant, qui pour s'emparer de Londres, qui pour retourner vers les siens.
De tels massacres entre armées décidées à se battre jusqu'à la mort jalonnent l'histoire des peuples. Nous en retiendrons deux ici pour illustrer le massacre d'Hastings 1066 : la Bataille de Solférino en 1859 et la Bataille de Verdun en 1916. Solférino est le massacre, entre d'un côté la France et l'Italie et de l'autre côté l'Empire autrichien, qui a conduit le Suisse Henri Dunant a créé la Croix-Rouge. En quinze heures de combat non stop, près de 8 000 hommes sont morts et près de 23 000 hommes sont blessés. Le spectacle de ces milliers d'agonisants jonchant le sol a horrifié Henri Dunant, arrivé là par hasard. La Bataille de Verdun est bien pire car elle a duré 300 jours de suite, et 300 nuits, . Citons le Ministère des Armées français. "L'enfer de feu et d'acier de Verdun, ce sont des chiffres qui donnent le vertige : plus de 700 000 morts et blessés, dont 362 000 soldats français. Pendant 300 jours et 300 nuits, la bataille fait rage, avec une intensité inouïe : 70 000 tués par mois, soit 97 par heure."
A titre de comparaison, le massacre d'Hastings 1066, c'est entre 10 et 12 heures de combat, soit entre 400 et 500 tués sur le coup ou blessés mortellement par heure. "Fortunately, very little crockery was broken." (Heureusement, peu de vaisselles a été cassée.)
